lundi 29 septembre 2014

La bibliothèque du futur : Interview n°1

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Le blog du Labo BnF entame une grande série d’interviews sur le thème de « la bibliothèque du futur». 

Pour imaginer la bibliothèque de demain, plusieurs personnalités du monde de l’éducation, d’Internet, des nouvelles technologies ou de la culture répondront à nos questions pour dessiner ce que pourrait être la bibliothèque dans 10, 20 ou 30 ans.

Michèle Drechsler, Inspecteur de l’Education Nationale, conseillère TICE du recteur pour l’Académie Orléans-Tours est la première à s’être prêtée à l’exercice. 

Quel bilan faites-vous de la bibliothèque (services, médiation etc.) alors que le numérique entre en force et particulièrement dans l’éducation ?

Michèle Drechsler : Apprendre à lire et à écrire sont des missions importantes assignées à l’école publique, gratuite et « obligatoire ».

Dans notre société, les bibliothèques qui s’attachent à constituer, conserver, actualiser et rendre disponible des collections de documents à des publics variés peuvent remplir une fonction importante : contribuer à créer l’égalité entre les citoyens en offrant à tous un accès aux livres, à la documentation. 

Pour désenclaver culturellement les zones rurales, de nombreux  dispositifs ont été mis en place dans les départements avec les bibliobus qui sont de véritables petites médiathèques ambulantes. Désormais avec Internet, selon l'expression de Michel Serres, «Petite Poucette» tient le monde dans sa main par le biais de son téléphone connecté ou de sa tablette. 

Internet se présente aujourd’hui comme un moyen de créer ce centre mondial de la connaissance que Paul Otlet imaginait déjà en 1934 et nous incite à interroger le rôle des bibliothèques scolaires. C’est d’ailleurs une mission sur laquelle je travaille.
Petite Poucette à l'Ecole en 2014 peut désormais utiliser des « Centres de Connaissances et de Culture »  ou 3C comme des lieux d'apprentissage et de formation libérés des espace-temps de la classe traditionnelle. Véritable « troisième lieu » de vie, le « 3C » est un espace flexible permettant d’accéder à de nombreuses ressources et supports numériques. Il matérialise de nouvelles formes du travail scolaire avec une priorité au travail personnel, à la recherche et à l'engagement des élèves. 

Pour vous à quoi ressemblera la bibliothèque du futur, dans 10 ans, 30 ans ? 

Michèle DrechslerJe pense qu’il nous faut imaginer les futures bibliothèques comme des lieux authentiques de rencontre et d'animation autour du livre, prenant en compte les nombreuses techniques qui se sont développées pour aider les enfants à acquérir l'autonomie de lecture.
Selon moi, nous ne pouvons ignorer toutes les richesses apportées par le numérique  
Les tablettes, par exemple, offrent de nouveaux chemins de lecture pour la littérature de jeunesse.

Dans les dix années à venir, un des défis de la bibliothèque sera de fédérer le jeune public, notamment grâce au « transmédia », cette nouvelle forme de narration proposée par Henry Jenkins qui permet de passer d’une consommation individuelle et passive à un divertissement collectif et actif.

La bibliothèque du futur qui mettra ses jeunes usagers au cœur de son dispositif devra inventer de nouvelles modalités de médiation autour du livre.
Comme nous le montre ce projet mené dans une école internationale avec Ines Puspita, les mondes virtuels en 3D, dans le futur, constitueront également des écosystèmes de choix pour une véritable médiation humaine et pour des activités de création à partager. Cela suppose, bien entendu, de travailler en partenariat entre bibliothèques et écoles  et de proposer des formations communes entre les documentalistes, bibliothécaires et enseignants. 

Autre exemple, les « makerspaces », nouveau concept basé sur l’impression 3D, viennent de faire leur apparition et promettent de changer l’univers des bibliothèques. Ils offrent de nouvelles opportunités d'apprentissage et permettent des interactions entre les « apprenants ». Ils permettent par exemple  aux utilisateurs d’acquérir de nouvelles compétences telles que la conception audiovisuelle, le montage vidéo, la programmation... autant de clés pour le citoyen de demain à l'ère du numérique. 

Pour en savoir plus sur l'auteure

Pour la suivre sur Twitter 



vendredi 19 septembre 2014

Des millions d’images provenant de livres numérisés disponibles et libres de droit

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Kalev Leetaru, universitaire de Georgetown à Washington DC (USA)  a trouvé le moyen informatique d’extraire des millions d’images, de cartes, de croquis, de photographies et d’illustrations publiées dans des livres anciens.

Ces images libres de droit sont issues de plus de 600 millions de pages de livres numérisés par l'organisation Internet Archive.
Après avoir fait le constat que l'effort de numérisation des bibliothèques s'était surtout concentré sur les mots et que les illustrations, gravures et photographies avaient été ignorées, K. Leetaru a voulu focaliser ses recherches sur les premières. 

2.6 millions d’illustrations déjà sur Flickr


Pour le chercheur, si nous ne pouvons pas consulter ces contenus, ni les indexer, les rechercher et les trouver sur une base de données, nous risquons de les perdre. Il explique : « Pendant toutes ces années, toutes les bibliothèques ont numérisé leurs livres, mais elles ont utilisé des PDF ou des fichiers qui se basent sur la recherche de mots, pas sur les images. Elles ont considéré que les livres étaient seulement une collection de mots. Mon projet est inverse, il est centré sur l’image ».



Pour numériser ces millions de pages, comme beaucoup d'autres bibliothèques, Internet Archive a utilisé l’OCR : un programme de reconnaissance optique permettant de convertir les images des mots scannées en des mots qui puissent être recherchés, par exemple, dans un moteur de recherche.
Ce processus reconnaît une image lorsqu'elle est au milieu d'une page et la rejette. 
Le logiciel inventé par  Kalev Leetaru fait le contraire. Il extrait chaque illustration pour la convertir au format Jpg, la nomme, l'indexe et y ajoute plusieurs métadonnées comme le nom de l’éditeur, la date de publication ou la provenance de l’image.
Ainsi, 2.6 millions d’images sont désormais disponibles sur Flickr gratuitement. La période couverte par ces extractions va de l’an 1500 à 1922. 

K. Leetaru propose aussi de mettre son logiciel à la disposition des bibliothèques.

Cette collection a donc vocation à s’agrandir. A l'avenir, ce sont 14 millions d’images qui devraient au total être extraites de 2 millions de livres.
Pour découvrir ces trésors de la culture internationale, cliquez ici 

Source : BBC News 

jeudi 17 juillet 2014

Résultats de l’étude sur la lecture de BD numérique dans le Labo BNF

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Le Labo BnF, en partenariat avec izneo, plateforme de bande dessinées numériques, a organisé le 14 mai 2014 un sondage qualitatif pour étudier le ressenti des personnes visitant le Labo BnF et collecter leurs remarques sur l’expérience de lecture des BD proposées par la plateforme izneo via ses applications iPad et Android.


Ce sondage, effectué auprès de 22 participants n’a pas de valeur nationale mais a pour objectif de tirer une tendance des usages de la bande dessinée numérique car il n’existe en France, à ce jour, aucun chiffre de cette nature.

L’intégralité de l’étude est consultable ici


Quelques chiffres concernant Izneo



73% des participants lisent des BD numériques sur tablettes en vertical, contre 27% en horizontal. 

Les participants ont tendance à avoir le même comportement qu'avec un livre papier (lecture verticale), bien que la lecture d'une planche dans ce sens, et sans utiliser le zoom, peut paraître inconfortable (petite taille de l’écran).

Le zoom est plébiscité pour 86 % des répondants, c’est un outil indispensable pour bien profiter de la BD.

33% des participants pensent lire dans l’application pendant plus d'une heure, 24% entre 5 et 15min, 24% entre 15 et 30min, et 18% entre 30min et 1h.






Quelques chiffres concernant le Labo BnF



77% des personnes ayant participé à notre sondage venaient dans cet espace pour la première fois. 

 La plupart des participants ont trouvé les matériels et contenus présentés intéressants (95% pour le matériel et 77% pour les contenus),  même si certains sont restés sceptiques face à des technologies de rupture (mur de sélection, réalité augmentée et lecture avec kinect).

 95% des participants pensent que permettre la manipulation de matériel numérique et la présentation de contenus numériques est une mission importante pour une bibliothèque mais que la présence d’un médiateur ou d’un guide aurait été utile dans leur découverte et leur compréhension du lieu.

jeudi 10 juillet 2014

Un Labo BnF dématérialisé pour la rentrée 2014

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Conçu en 2010 pour offrir aux visiteurs un espace de présentation et de découverte dédié aux nouvelles technologies, le Labo BnF a fêté au printemps ses quatre ans. Depuis son ouverture, nous avons organisé plus de 150  événements : ateliers, visites, installations et conférences. Le public a pu découvrir cet espace - le premier du genre ouvert dans une bibliothèque publique - et s'y familiariser avec les nouveaux outils de lecture et d'écriture. Grâce à l'implication constante des équipes de la Bibliothèque, de nos partenaires et de nos prestataires, les visiteurs ont pu constater qu'ils pouvaient apprivoiser les nouvelles technologies et imaginer de nouveaux usages.
Il fallait profiter de cet anniversaire pour lancer une réflexion sur l'avenir de ce lieu, conçu dès l’origine comme temporaire, et la place de l'innovation technologique à la Bibliothèque. Aujourd'hui, le numérique est partout et ses outils se sont démocratisés. S'il a su cristalliser à son ouverture le désir d'innovation de la BnF, l'espace physique du Labo a bien naturellement vieilli. L'innovation ne peut plus se contenter d’un lieu unique. Elle irrigue l'ensemble de l'établissement, elle est à la source de tous ses projets et imprègne les usages de tous ses visiteurs. Le Labo doit trouver sa place dans cette nouvelle dynamique et être un moyen qui accompagne et diffuse cette innovation. Pour cela, il doit bénéficier d'un fonctionnement souple et évolutif, capable de s'adapter aux mutations technologiques qui révolutionnent constamment la Bibliothèque. Le Labo va donc être dématérialisé, et la structure actuelle démontée à partir du 15 juillet, dans le cadre du nouvel aménagement du hall Est. Le Labo continuera à vivre sur le Web (sur ce blog, via twitter et notre site Internet) et proposera régulièrement des ateliers ouverts au public. Il valorisera l’expertise technologique et les projets innovants développés au sein de la BnF ou en lien avec ses missions.
En attendant d’inventer la suite avec vous, nous en profitons pour rappeler les événements qui ont particulièrement marqué ces quatre années. La naissance du Labo bien sûr en juin 2010, puis l’apparition, en 2011, du comptoir de la presse numérique équipé des premiers modèles de tablettes Android proposant la lecture d’applications de presse en ligne; les 42 visites de groupes menées par les équipes en 2012 dans toutes les langues, à toutes les heures et pour tous les publics, le premier cycle d’ateliers sur les nouveaux métiers du livre, la création des ateliers-contes enfants en 2012 étoffés de nouveaux partenaires en 2013, l’accueil d’Aria, la robote humanoïde adepte de poésie ou encore l'exposition Littératures numériques, la remise du prix du livre numérique Youboox avec la venue de la ministre Fleur Pellerin 2013 et le passage des 5000 suiveurs sur twitter cette année !

jeudi 26 juin 2014

LES EDIT-A-THONS DE LA 68e ÉDITION, UNE AUTRE FAÇON DE VIVRE LE FESTIVAL D’AVIGNON !

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Logo du Festival d'Avignon
En juillet 2014, le Festival d’Avignon deviendra la première institution du spectacle vivant à s’associer à Wikimédia France pour proposer deux edit-a-thons (journées contributives).


Encadré par des formateurs de Wikimédia France, un groupe de rédacteurs bénévoles d’Avignon contribuera le temps d’un week-end aux projets Wikipédia et Wikimédia Commons en lien avec le Festival et son actualité.

Deux sessions sont proposées :


- les 5 et 6 juillet sur le thème de la Ville Créative et du lien entre la politique culturelle de la ville et l’histoire du Festival d’Avignon,


- les 12 et 13 juillet sur le thème des spectacles des éditions précédentes du Festival.

Ces deux edit-a-thons ne demandent aucune formation ou pré-requis, seulement l'envie, l'assiduité et la maîtrise de l’outil informatique. Des ipads seront fournis par la BnF pour l'occasion.

Ils auront lieu à la Bibliothèque nationale de FranceAntenne Maison Jean Vilar à Avignon :


les samedi 5 et dimanche 6 juillet (week-end 1) et,
les samedi 12 et dimanche 13 juillet (week-end 2)

le samedi de 10h30 à 13h00 puis de 14h30 à 17h30 et,
le dimanche de 10h30 à 13h30.

Vous pouvez vous inscrire gratuitement pour un ou deux edit-a-thons.

Pour recevoir de plus amples renseignements et vous inscrire, n’hésitez pas à nous contacter : 
editathon @ festival-avignon.com


Salle de la BnF Antenne Maison Jean Vilar à Avignon © Lenka Bokova / BnF

mardi 24 juin 2014

ATELIER : Que sont les interfaces naturelles ?

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Le Labo BnF vous invite à un nouvel atelier le 2 juillet 2014 de 18h00 à 19h30.

Dans le domaine des outils informatiques, les interfaces naturelles définissent la possibilité d’une prise en main sans apprentissage particulier. Par opposition à ces interfaces, la maîtrise des claviers et souris nous a généralement demandé des mois d’apprentissage, même si nous l’avons oublié... (voir ce billet).

Nous présenterons dans cet atelier :
  • les interfaces naturelles existantes : tactile, gestuel, réalité augmentée, reconnaissance vocale, suivi du regard, capteurs intelligents, etc.
  • les cas d’usages et les populations qui utilisent déjà ces dispositifs aujourd’hui
  • des démonstrations de divers dispositifs
Les intervenants de cet atelier seront :
  • Vincent Guigui, expert des technologies d’interface chez OCTO Technology
  • Antoine Habert, fondateur de HandiSense, une société qui édite des solutions d’accessibilité pour les handicapés basées sur les interfaces naturelles
  • Greg Madison, Designer d'Interaction

ATELIER : Que sont les interfaces naturelles ?
Labo de la BnF, Hall Est
Bibliothèque nationale de France
Quai François Mauriac 75013 Paris.
Métro Ligne 14 et RER C (Bibliothèque François-Mitterrand) et Ligne 6 (Quai de la gare)
Entrée libre et gratuite dans la limite des places disponibles.

mardi 3 juin 2014

Découverte des expérimentations du Labo de la New York Public Library

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Dans le cadre de notre tour du monde des bibliothèques  (AllemagneEuropeana, San Antonio Texas) nous vous invitons à découvrir quelques initiatives réalisées par le labo de la Bibliothèque de New York (New York Public Library Labs).

L’objectif de cette équipe dédiée aux nouvelles technologies de lecture et d’écriture est de ré-imaginer la Bibliothèque à l'ère d'Internet.

Les Labs développeurs travaillent en étroite collaboration avec les bibliothécaires et conservateurs pour créer des outils, des applications et des expériences autour du contenu et des services de la NYPL, engageant ainsi souvent le public directement dans les travaux d'amélioration, l'organisation ou l’analyse des données de la bibliothèque.
Voici quelques exemples des expérimentations menées parmi une cohorte d’idées toutes aussi intéressantes les unes que les autres.



Un OCR pour les cartes géographiques

L’une des expériences en cours concerne le projet Building Inspector. A la suite d’une rencontre entre les développeurs de l’équipe labo et le département des cartes et plans de l’établissement, les participants ont créé un site Web qui s’appuie sur des cartes des rues de New York au 19ème siècle. L’objectif est d’identifier et de nommer les Buildings répertoriés, une sorte d’OCR pour les cartes. Le Building Inspector est sans cesse amélioré grâce aux retours des internautes. Ils peuvent accéder à l’espace dédié et faire leurs remarques.  Voir ici 

Le Stereogranimator 

Le Stereogranimator n’est pas une sorte de Terminator, cet outil permet à partir de la base d’images de la bibliothèque de transformer les objets photographiques d’autres siècles en objets animés. Ainsi on peut gréer des Gif animés à partir de photographies anciennes, des objets 3D. Le code généré est libre de droit et les internautes sont invités à le réutiliser pour leurs propres photographies. 
Pour découvrir c’est ici 

Candide 2.0


Le fameux Candide de Voltaire a pris un coup de jeune. Pendant l’exposition dédiée qui s’est tenu à la NYPL, Candide 2.0 était une expérience de lecture publique et d'annotation collective. Dans l'esprit de la célèbre phrase de  Candide "Cultivons notre jardin», la bibliothèque a demandé aux lecteurs, ou «jardiniers», professeurs, romanciers, dramaturges, traducteurs) de participer pour  planter des graines de commentaire dans les chapitres assignés, le tout afin de préparer le terrain pour un débat public fertile. L'expérience a duré deux mois, et a amassé plus de 200 commentaires. 

Pour voir cette expérience c’est ici 

A cette occasion, difficile de ne pas (re)parler du "Candide, l'édition enrichie" publié par la BnF et déjà présenté dans le cadre d'un atelier du Labo BNF.